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SOFECT : comment claquer le fric du contribuable pour rien ?

D‘après une récente étude menée en nos ateliers des Quartiers sous la houlette de fer de la taulière, le taux de prostitution chez les trans’ reste stable, soit environ 18,6 fois plus faible que le taux de salopards chez les psychanalystes.

Mais la pandémie ne semble pas s’être arrêtée avec la dépénalisation de la psychanalyse : l’ abrogation de l’article R.34-7°, qui punissait les gens qui font métier de deviner ou pronostiquer, ou d’expliquer les songes date de Mars 1994 ; contravention de 3ème classe, c’était moins cher qu’être trans’ et devoir tricarder à vie avec des papiers imbéciles, notons, et tout n’est pas uniformément ignoble dans le code Napoléon, nous garderons le meilleur, donc.

Nous pouvons dès lors continuer de craindre la recrudescence fumière des spécialistes qui savent : après deux échecs parfaits pour créer un Diplôme Inter Universitaire en transsexualisme (les deux premières années, 2014 et 2015, le quota d’inscrits à cette « formation » – 20 places pour toute la France – n’ayant pas été atteint), la SOFECT remet le couvert, sans doute parce qu’elle ne sait pas quoi faire de l’argent public qui n’est pas économisé dans sa dissolution pure et simple.

Le sujet est VRAIMENT lourd, hein, Christiane … Tu dors ?

SOFECT : La Société qui sait des trucs

 

spinozaBaruch Spinoza, sorte de Jean-Sébastien Bach de la philosophie

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Note : j’ai bénéficié d’une chirugie féminisante à Lyon le 12 Juin dernier. Je vais bien, merci. L’équipe de Lyon est certainement celle qui en France mérite le moins les deux ou trois perfidies que j’étale ci-après à l’encontre de la SOFECT. Elle est aussi celle où on peut attendre deux ans sa chirugie après décision protocolaire, c’est quelques mois dans d’autres hopitaux, encore un curieux hasard. Cela dit, merci aux chirurgiens de là-bas. J’ai profité de délais un peu plus courts parce que j’ai été opérée par Mister JET (Jean-Etienne Terrier), élève de Nicolas Morel-Journel, (Dieu-himself) lui même sans doute le seul en France pouvant soutenir une comparaison qualitative à l’international. Il y a plus de trois mois que cet article était sur le feu, mais n’étant pas encore opérée, je paranotais et n’osais le publier …

Au passage, bisou à Ekhma (je n’ai jamais vu votre prénom écrit), jeune stagiaire qui avez découvert le monde trans’ dans le service de Lyon, avec une intelligence et une générosité magnifiques … Merci pour nos échanges passionnés :-)

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Terre promise, chose due, il y a un moment que je fomente de narrer ici l’une ou l’autre babiole sur la SOFECT, Secte Organisée pour Faire Enormément Caguer les Trans’ « Société Française d’Etudes et de prise en Charge du Transsexualisme », présidée par Mireille Bonierbale, psychiatre scientifique, avec Colette Chiland comme présidente d’honneur (sic), une bien bonne personne assurément qui pratiquait jadis des thérapies de conversion sur des mômes, maltraitances aujourd’hui illégales (ou plus exactement : qu’il a bien fallu rendre illégales dans la foulée lorsqu’on a interdit celles visant à « corriger » l’homosexualité, et assimilées à une activité sectaire, m’a-t-on narré à l’époque de Najat Vallaud Belkacem, mais je n’ai pas su retrouver de texte …) .

La SOFECT, donc, est un soviet lobby constitué en mettant sous une commune férule les équipes hospitalières publiques spécialisées dans le traitement médical du « transsexualisme », au lendemain du rapport de la Haute Autorité de Santé – (HAS-2009) consacré au sujet.

Elle se vante sur son site d’agir en pleine conformité avec les recommandations de ce rapport, ce qui n’a aucun lien avec le fait que ce sont ses membres qui en ont cornaqué la rédaction de A à Z (et pas un mot sur le rapport de l’Inspection Générale des Affaires Sociales (IGAS-2011)  certes imparfait mais nettement plus critique …)

Auto-proclamée un temps « Société Savante » dans le but déclaré de récupérer un peu du lustre vieillot d’une médecine académique d’avant-guerre (nan, celle d’encore avant), elle a fait disparaître cette appelation de la page d’accueil de son site, parce que quelqu’un lui a dit que c’était ridicule (enfin, je suppose).

(Note : Il existe bien des registres de (vraies) sociétés savantes médicales en France mais elle n’y apparaît nulle part, voilà-voilà).

Soucieuse de ma fierté droitsdelhumaniste, je m’impose le devoir de me confronter, comme elle, à un sincère dégoût pour mon objet d’étude, en distillant dans nos laboratoires de Quartiers un peu de sérum sofecticide. J’ai peu d’espoir, je sais bien que cela ne suffira pas, à défaut d’un vaccin, plus impensable encore que nos métamorphoses.

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La SOFECT annonce son auto-dissolution

(communiqué de la Sofect )

Mireille Bonierbale (présidente de la SOFECT, psychiatre scientifique spécialiste hautement qualifiée en transsexualisme) : C’est une décision que nous n’avons pas prise de gaité de coeur. Les vrais malades transsexuels vont certainement en pâtir, mais voilà le fait brut : le Ministère de la Santé a émis il y a trois jours un avis remettant en question les compétences ultra-spécialisées en particulier dans le domaine de la psychiatrie qui ont fait la réputation des équipes hospitalières, malgré nos efforts répétés pour que se répande une vraie connaissance scientifique …

QdP : Euh … vous pouvez préciser ?

M.B. Eh bien, par exemple par la création d’un dipôme qui n’a reçu aucun soutien des autorités, et qui à deux reprises, faute d’une communication suffisante, a dû être annulé malgré la demande de nombreux médecins qui souhaitaient ardemment s’intégrer à notre réseau, et puis nous en avons assez de l’obligation de devoir sans arrêt prendre en compte la parole d’associations exerçant un lobbying très pressant sur l’Assemblée, cherchant à obtenir des avantages exhorbitants pour cette population qui, quoi qu’en dise le politiquement correct auquel nous sommes contraints, reste gravement perturbée psychiquement et incapable d’adaptation à notre société, tout cela nous contraint à jeter l’éponge, et va augmenter nos difficultés à canaliser ce qui devient pourtant en France, un vrai problème de civilisation.

QdPVous comptez entreprendre de nouvelles actions pour juguler l’épidémie de transsexualisme en France ?

M.B : Nous ne pouvons arrêter notre combat. Nous conservons des liens chaleureux avec la DACS et certains tribunaux qui ne peuvent pas contester notre expertise, mais nous devrons agir désormais dans l’ombre, en raison même de l’ingratitude de nos patients.
Au fond nous revenons peut-être à une époque révolue, et c’est mieux ainsi : nous ne serons plus obligés de rendre des comptes publiquement, et on continuera comme avant, peut-être aurons-nous moins de moyens, mais nous échapperons peut-être à la surveillance des groupuscules « Queer » et autres, ainsi qu’au mépris de l’Etat dont nous sommes victimes.

QdP : Et quand cette dissolution prendra-t-elle effet ?

M.B. : Pourquoi pas aujourd’hui ?

QdP : Eh bien au revoir, Madame la Présidente, et merci pour tout, hein.

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(©Editions du Père-Noël -2015- tous droits reservés)

« Droit sans pouvoir …

 … n’ est que ruine de la Liberté » (Simone Veil)

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« Une loi injuste n’est pas une loi. » (St Augustin) (sic)

….

En France, la puissance monopolistique de la SOFECT, régnant sans partage par le levier de la psychiatrie dans ses équipes hospitalières sur l’accès aux soins des personnes trans’ a mis nombre d’entre nous dans des situations invivables, soit par le rationnement des soins, soit par des délais délibérements interminables, soit par des chirurgies souvent médiocres, dans l’intention, avec la bénédiction de l’État, de limiter drastiquement le nombre de personnes effectivement soignées et cantonner notre population dans l’ombre, en lui offrant un accès minuscule et  contingenté à une normalité retrouvée, supposée être le Saint Graal pour les transgenres.

De temps en temps une grande gueule se lève pour secouer le cocotier, et l’Etat français, incapable d’évolution autrement qu’à coup de jurisprudence internationale, concède, toujours avec le maximum de mauvaise grâce disponible, ce qui pour nous représente des avancées considérables  et nécessaires dans l’émergence de nos droits civiques – j’emploie l’expression à dessein, bien-sûr, Obama vient de la remettre à l’honneur concernant les LGBT, même si ça fait un moment déjà qu’elle court parmi nous…

Alors aujourd’hui je vais évoquer l’appel de Delphine Philbert.

Pour que ça ait du sens, il faut aller préalablement lire son appel à soutien expliqué sur Yagg  au début Mars et dont le texte intégral est ici : Delphine Philbert – Texte pour financement participatif (Pdf-Fr)

C’est fait ?

Bien.

Jusqu’à présent je m’étais focalisée dans cette rubrique juridique sur les questions liées à nos changements  d’état-civil, et Delphine m’a fait découvrir (approndir, disons) l’autre montagne qu’il nous faut franchir, et qui imbrique également le médical et le droit, en l’occurence tout ce qui tourne autour des conditions de remboursement des soins.

Plus que jamais nerf de la guerre pour une population massivement désargentée, la finance est au coeur du dispositif de coercition mis en place depuis 40 ans pour tenter de contenir l’épidémie de « transsexualisme » qui risque de ravager nos campagnes, et si j’appelle à mon tour au soutien de la cause que Delphine défend, ce n’est pas pour l’ exercice chrétien de la charité envers une nécessiteuse, c’est parce que les règles de remboursements de soins en place nous pourrissent collectivement la vie, qu’elles nous placent en situation de surbordination à une véritable psychiatrie officielle, et qu’il est manifeste que l’Etat trouve son compte à ce qu’un grand nombre d’entre nous aille chercher à l’étranger et à leurs frais, des soins corrects dans des délais normaux, ce qui n’existe pas chez nous … (On pourrait démontrer aisément,  je compte le faire prochainement, que d’un point de vue  purement financier, le compte en question est parfaitement perdant pour l’Etat, il s’agit donc bien d’abord d’un problème politique et idéologique)

Losqu’il y a bientôt deux ans Madame Taubira disait, au sujet de la population trans’ et de la réforme (création ? régularisation plutôt) de ses droits : « le sujet est lourd … »  , elle nous faisait entendre que le chantier legislatif absolument nécessaire risquerait de prendre suffisamment de temps pour pouvoir attendre d’en être débarassé lors d’une alternance qui ferait oublier les promesses présidentielles de 2012)

Nous aussi on le trouve lourd, le sujet, surtout que les gouvernements Hollande n’ont pas encore levé le petit doigt pour alléger notre barque …

Pour résumer, si Delphine parvient à gagner son affaire, que ce soit en Cassation ou au pire à la CEDH, l’Etat français sera obligé d’admettre la carence massive de notre système de soins, et de rembourser – au moins de façon moratoire – les chirurgies à l’étranger, tout en mettant la médecine de notre pays au pied du mur : s’adapter, faire son aggiornemento, et aligner la qualité de soins sur les meilleurs standards internationaux pour diminuer nos motivations à aller ailleurs, (ce que Mme Bonierbale et ses amis de la SOFECT appellent, sans mépris aucun, juré-craché, du « tourisme médical ») et mettre fin à cet abus terrifiant de protectionnisme qui lui permet en toute impunité de maintenir par l’argent la population trans’ dans la situation de maltraitance où elle se trouve aujourd’hui.

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Les deux premiers vecteurs de transphobie en France sont la Justice et la médecine officielle, auxquelles s’ajoute le puritanisme haineux de la droite catholique, MpT, théorie du complot du genre, et tutti quanti). Ce blog est là pour dire ça avec force, jusqu’à ce que cela devienne faux. La bagarre n’est pas seulement celle de Delphine, (dont on comprendra qu’elle a pas mal à perdre aussi dans l’histoire) c’est aussi celle, parmi mille autres, de cette amie qui, interrogée par un copain sur ses difficultés récurrentes de fin de mois lui répondait :

« – Ben, oui, tous les mois je paie mon vagin, en plus de mon loyer ».

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Alors voilà , il nous reste à participer aussi à l’action, à la relayer comme vous pouvez, il n’est pas trop tard,  le « Pot commun »  de Delphine continue à accueillir les contributions.

On peut aussi lire avec intérêt son bouquin « Devenir celle que je suis », sorti en 2011 (même s’il paraît que l’éditeur traîne un peu la patte pour lui verser ses droits, mais c’est une autre histoire ….)

Livre-Delphine-Philbert

Les Standards de Soins de la WPATH version 7 (2011) en français

Il y a quelques mois seulement (Décembre 2013), la WPATH (World Professional Association for Transgender Health)  autrement dite Association Mondiale des Professionnels pour la Santé des Trangenres a publié la version française des Standards de Soins pour la Santé des Personnes Transsexuelles, Transgenres et de Genre non-conforme (PDF-Fr) (z’auraient pu traduire par « Genre atypique », mais passons).

La VO était sortie en Septembre 2011 …

Je reprends ci-dessous le communiqué de presse de la WPATH tel que publié sur le site du G.E.S.T.  au moment de leur parution:

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« Irréversibilité » des traitements trans’ : un impossible juridique

 L‘article suivant est la refonte d’une première mouture initialement publiée sur le site TXY en Mars 2013. Un certain nombre d’éléments en étaient absents ou encore imprécis, ce qui suit est donc davantage qu’une simple mise à jour.  Je ne considère d’ailleurs pas ce travail comme terminé, il est toujours suceptible de modifications, les apports, corrections, critiques sont les bienvenues …)

Mon discours, dans ses principaux thèmes, est banal dans le monde trans’, presque une doxa, mais je n’ai pas trouvé de synthèse méthodique  et étayée offrant une vue d’ensemble de la constante agression à notre droit que perpétue l’Etat français depuis des décennies.
Si dans un « fourre-tout » comme l’Existrans (2013) on a pu ressentir en interne un côté pittoresque de village gaulois à nos engueulades de spécialistes (eh oui, les spécialistes, c’est nous, quoi qu’on en veuille …)  il reste un sentiment qui est parmi nous bien partagé : avant les médias, avant les partis d’extrême droite ou les sycophantes de la théorie du complot du genre, le premier vecteur de transphobie en France, c’est bel et bien l’Etat. Haut la main.

Focalement, j’entends démontrer que l’exigence de preuves de l’irréversibilité des traitements médicaux  des personnes trans’ pour l’obtention de leur état-civil est au bas mot illégale, et criminelle sur le fond.

J’ai déjà évoqué la chose à plusieurs reprises, ici ou , la présente synthèse vise a donner quelques munitions aux personnes trans’ en cours de procédure de changement d’état-civil.

Cela pourra paraître paradoxal : certain-es d’entre nous ont obtenu leur état-civil en utilisant cette « preuve », fournie par des endocrinos prêts à tordre un peu le nez de la vérité scientifique pour nous aider, ce qui est de bonne guerre, vu l’absurdité des exigences « légales » imposées à nos dossiers.

J’entends aller plus loin : je ne « démolis » pas la  pseudo-preuve de « l’irreversibilité des traitements hormonaux » pour le simple fait de la montrer scientifiquement « impossible à rapporter », (donc inexigible) mais aussi et surtout parce que celle-ci étant caduque, il devient évident que les seules preuves possibles, résiduelles, d’irréversibilité des traitements médicaux en général relèvent d’un attentat bien réel aux droits humains.
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