SOFECT : La Société qui sait des trucs

Print Friendly

 

spinozaBaruch Spinoza, sorte de Jean-Sébastien Bach de la philosophie

** *** **

Note : j’ai bénéficié d’une chirugie féminisante à Lyon le 12 Juin dernier. Je vais bien, merci. L’équipe de Lyon est certainement celle qui en France mérite le moins les deux ou trois perfidies que j’étale ci-après à l’encontre de la SOFECT. Elle est aussi celle où on peut attendre deux ans sa chirugie après décision protocolaire, c’est quelques mois dans d’autres hopitaux, encore un curieux hasard. Cela dit, merci aux chirurgiens de là-bas. J’ai profité de délais un peu plus courts parce que j’ai été opérée par Mister JET (Jean-Etienne Terrier), élève de Nicolas Morel-Journel, (Dieu-himself) lui même sans doute le seul en France pouvant soutenir une comparaison qualitative à l’international. Il y a plus de trois mois que cet article était sur le feu, mais n’étant pas encore opérée, je paranotais et n’osais le publier …

Au passage, bisou à Ekhma (je n’ai jamais vu votre prénom écrit), jeune stagiaire qui avez découvert le monde trans’ dans le service de Lyon, avec une intelligence et une générosité magnifiques … Merci pour nos échanges passionnés :-)

** *** **

Terre promise, chose due, il y a un moment que je fomente de narrer ici l’une ou l’autre babiole sur la SOFECT, Secte Organisée pour Faire Enormément Caguer les Trans’ « Société Française d’Etudes et de prise en Charge du Transsexualisme », présidée par Mireille Bonierbale, psychiatre scientifique, avec Colette Chiland comme présidente d’honneur (sic), une bien bonne personne assurément qui pratiquait jadis des thérapies de conversion sur des mômes, maltraitances aujourd’hui illégales (ou plus exactement : qu’il a bien fallu rendre illégales dans la foulée lorsqu’on a interdit celles visant à « corriger » l’homosexualité, et assimilées à une activité sectaire, m’a-t-on narré à l’époque de Najat Vallaud Belkacem, mais je n’ai pas su retrouver de texte …) .

La SOFECT, donc, est un soviet lobby constitué en mettant sous une commune férule les équipes hospitalières publiques spécialisées dans le traitement médical du « transsexualisme », au lendemain du rapport de la Haute Autorité de Santé – (HAS-2009) consacré au sujet.

Elle se vante sur son site d’agir en pleine conformité avec les recommandations de ce rapport, ce qui n’a aucun lien avec le fait que ce sont ses membres qui en ont cornaqué la rédaction de A à Z (et pas un mot sur le rapport de l’Inspection Générale des Affaires Sociales (IGAS-2011)  certes imparfait mais nettement plus critique …)

Auto-proclamée un temps « Société Savante » dans le but déclaré de récupérer un peu du lustre vieillot d’une médecine académique d’avant-guerre (nan, celle d’encore avant), elle a fait disparaître cette appelation de la page d’accueil de son site, parce que quelqu’un lui a dit que c’était ridicule (enfin, je suppose).

(Note : Il existe bien des registres de (vraies) sociétés savantes médicales en France mais elle n’y apparaît nulle part, voilà-voilà).

Soucieuse de ma fierté droitsdelhumaniste, je m’impose le devoir de me confronter, comme elle, à un sincère dégoût pour mon objet d’étude, en distillant dans nos laboratoires de Quartiers un peu de sérum sofecticide. J’ai peu d’espoir, je sais bien que cela ne suffira pas, à défaut d’un vaccin, plus impensable encore que nos métamorphoses.

Chère (ô combien) SOFECT (Société Savante-lol)

Je t’offre une saine et roborative lecture, ne boude pas ton plaisir, c’est tout du français, et je sais que tu aimes apprendre …

Les droits des enfants intersexes et trans sont-ils respectés en Europe-Une perspective (2013-PDF)-Fr

Mireille Bonierbale, Colette Chiland, Bernard Cordier, et quelques autres, (non, pas tous) , ô psychanalysomanes
Oyez mon chant, spécialistes du rien, névropathes de cour,
Ô menteurs marchands de bonnes intentions totalitaires,
Diafoirus puritains de la première heure et des suivantes,
Distributeurs de fausses nouvelles et de vrai mépris
Encourageurs de beauferie, eugénistes travestis en médecins,
vous qui fabriquez à l’année longue par notre constante disqualification les circonstances atténuantes aux idiots qui nous massacrent, (et que, bizarrement, vous n’expertisez jamais …)
Ethiciens amateurs, collabos des bonnes moeurs et du symboliquement correct
Praticiens inamovibles du droit intangible de nous tenir en laisse avec la bénédiction absurde de l’État comme de la Santé Publique,
de l’Ordre des Médecins,
d’un Comité d’Ethique muet,
d’un législateur sourd,
d’une justice aveugle …

… LISEZ ÇA ! avant de venir raconter que jamais, au grand JAMAIS, vous n’avez été concernés par les saloperies qu’on y trouve (et que c’est tout au plus un coup des étrangers …)

LISEZ-LE, ligne à ligne, paragraphe après paragraphe, et avouez-le que depuis 40 ans en France, vous n’avez strictement RIEN fait d’autre que laisser nos jeunesses pourrir sur pied avec tout le décorum de la bonne conscience d’apparat, (« le transsexualisme, ce douloureux problème, blablabla, il faut soutenir les malheureux atteints de cette tragique maladie blablabla, l’ethique blablabla ») et d’entretenir cette attitude jusqu’à même tenter de racoler recruter, et ce pour la seule promotion académique de votre petit mandarinat … (Je mets un bémol, trouvé dans ce commentaire de Slate.fr, pour l’équipe de Lyon, exception toute neuve, sous très haute surveillance, qui confirme la règle)

J’ai appris que pour la deuxième année consécutive, vous avez dû annuler votre « formation qualifiante », le « Diplôme Inter Universitaire (DIU) de prise en charge du Transsexualisme », petit barnum destiné à vous asseoir dans le monopole absolu de la médecine trans’, déjà incrusté comme une moule à son rocher dans le service public, au nom sacré de l’Éthique, (toujours aussi bonne fille, celle-là, une vraie catin), je cite votre laïus :

« Les titulaires de ce diplôme pourront se prévaloir d’une formation qui pourra leur permettre de figurer sur la liste des professionnels susceptibles de participer aux réseaux de soins. »

C’était bien calculé : un fois le cursus en place, et la liste bouclée à double tour, il suffirait du petit decret adéquat, (facile, quand on a ses entrées dans les salons où l’on décide, hein, Mireille .. ) et hop, du jour au lendemain, seuls les médecins aboubés par la SOFECT, (la Société qui Sait) auraient eu le droit de s’occuper de nos soins spécifiques. Le beurre (sécurité du service public) et l’argent du beurre (une situation de monopole disqualifiant tout ce qui n’est pas vous).

C’est la deuxième année que ça plante, vous n’avez même pas réussi dans tout le pays à réunir les vingt poires candidatures nécessaires pour sortir votre grand jeu de la Société Savante, et vous vous gardez bien de souligner qu’il avait fallu l’annuler aussi l’année d’avant, tout en affichant scrongneugneu que le DIU a été crée en 2013 …
(Remarquez, à 1000 ou 2000 balles par tête de pipe pour un volume de 100 heures, d’un enseignement dont un nombre croissant de vos collègues (informés, eux, souvent par nous-mêmes …) n’éprouve absolument pas l’utilité, on peut comprendre, y’a des limites au foutage de gueule à la monopolisation rampante … )

Alors une fois la lecture du document proposé plus haut effectuée avec soin, et que votre larme de crocodile aura humecté le fin pli de vos mouchoirs de soie blanche,

ALLEZ VOUS CACHER,

discrétos, pour toujours, faites-vous oublier, pour de bon, puisque l’impunité vous est acquise, vous accomplirez ainsi l’unique bonne action qui vous vaudra peut-être un strapontin au paradis des carabins.

Cette tentative de « DIU de prise en charge du transsexualisme » est parfaitement symptomatique de votre acharnement à n’évoluer que dans le seul sens de l’autoconservation de votre système. Tout est fait pour empêcher le dialogue direct entre nous et nos endocrinos, nos chirurgiens, ou avec le législateur, (pourquoi pas ensemble, d’ailleurs ? chiche …) mais en fait de légitimité et d’éthique, l’histoire de vos psys est chargée du discrédit de 40 ans d’un passé proprement calamiteux. (Échantillon ici, rien que pour les psys, j’en ai plein d’autres sous le coude, mais on va pas y passer la nuit, hein …)

/!\ MàJ/!\ Une récidive de DIU est prévue pour 2016 … /!\

Les quelques toubibs valables parmi vous (si, si, j’ai toujours admis qu’il en existe …) n’ont pas besoin de vous, et nous n’avons pas besoin des autres.

***

Fin 2012, Mme Vallaud-Belkacem, ministre, consacrait après des semaines de concertations avec les principales associations trans’, trois lignes à nous promettre en guise de révolution un numéro provisoire à la Sécurité Sociale, (déjà légal de longue date, et inusité car inutile puisqu’il ne fait que doubler le temps de poireautage entre chaque changement) même pas la suspension au moins moratoire immédiate des expertises légales, (dont vous êtes un fournisseur attitré) et en guise de « lutte contre la transphobie » un peu d’information aux personnels sociaux et à la police afin que tout le monde soit gentil et respectueux avec nous (je résume) tandis que nous restons contraint-es par l’Etat à nous promener pendant des années avec des papiers absurdes, qui signifient de facto une violation de secret médical et un outing forcé permanents et ravageurs qui n’ont jusqu’à présent JAMAIS reçu la moindre compensation de l’État français (hein, Philippot, c’est autre chose que Closer, ça … t’en penses quoi, tiens, au fait, de l’état civil des trans’, depuis ton nouveau nid de serpents ?)

Et Mme Bonierbale trouve que la dépsychiatrisation ne la regarde pas, que c’est une question politique…

Mais, Ô Commandeure des Savants, n’inversons pas les rôles :

la psychiatrisation obsessionnelle des transidentités qui est votre fond de commerce, est une violence politique, et vous en êtes une spécialiste écoutée,

il est là le souci !
S’en tenant à son rôle, la psychiatrie n’aurait jamais dû être autre chose qu’un simple « garde-fou » protégeant le geste du chirurgien, (et même ça vaut au moins controverse, j’y reviendrai) mais elle est devenue dès la fin des années 70 avec la complaisance toute ponce-pilatesque de l’État, une pratique d’oppression soviétiforme au petit pied, encadrant la dissidence, tout en assurant au système de soins de substantielles économies (*) puisque le filtrage et la pénurie de soins sont ainsi organisés qu’après plusieurs decennies de pratique, une proportion élevée des trans’ demandeur-es de chirurgie (très certainement plus de la moitié) vont aujourd’hui encore se faire opérer à leurs frais à l’étranger.

Selon la thèse d’Arnaud Alessandrin, « Du transsexualisme aux devenirs trans’ -Juin 2012« , p127, je cite : […] s’il y a eu 154 opérations en 2009-2010 en France , on en a compté 210 dans trois autres pays sur la même période : la Belgique, le Canada et la Thaïlande. » J’extrapole ici que ces proportions n’ont pas dû connaître de révolution en 5 ans.

(*) Au passage, en fait de substantielles économies, faut voir :

1) Une vaginoplastie en Thaïlande (trajet inclus) chez l’un des meilleurs chirurgiens du monde coûte à peu près le même prix que 3 semaines d’hospitalisation psychiatrique en France. Je dis ça parce que, comme nombre d’entre nous, j’ai moi-même passé du temps (en tout plus d’un an de ma vie) dans divers hôpitaux psys français, séjours payés à 100% les yeux fermés par la collectivité, chez des collègues à vous qui n’ont rien soigné d’autre que mes dernières illusions sur le serment d’Hippocrate, et sans se gêner pour rigoler bien gras quand j’ai fait l’erreur de « parler », mais bon …

2) Par ailleurs aucune archéologie sur les documents trouvables sur les sites de la CNAM, de la SOFECT, de la HAS, de l’IGAS etc ne m’a permis d’exhumer un tarif lisible des chirurgies pratiquées en France, où il semble qu’on aime la transparence pourvu que la lumière soit éteinte. Des chiffres courent ça et là de l’ordre de 25 000 €, voire beaucoup plus, pour une vaginoplastie, soit, à la louche le DOUBLE des prix que permettent les taux de change entre France et Thaïlande … (L’IGAS dans son rapport de2011, Annexe 2 : « La tarification hospitalière », p.89, donne bien quelques chiffres au mode de calcul obscur, mais tout ce que j’en ai retenu, c’est que la classification en « maladie mentale » est toujours en bonne place, paraît que c’est pour des « raisons techniques », ah ben alors …

(Roselyne, nous t’aimons quand-même : le symbolique, c’est important, dans la civilisation )

*

Au fait, Mireille, si j’ai bonne mémoire, n’était-ce pas vous qui après le rapport de la HAS en 2009, souteniez que le système était au point et qu’il n’y avait AUCUNE raison de rembourser des opés hors-territoire ? Et qui vous êtes vantée d’avoir proposé de faciliter le changement d’état-civil pour les seules personnes opérées et uniquement dans VOS services ? je cite :

La Sofect souhaite une simplification et une accélération des procédures juridiques de changement d’état civil pour les personnes prises en charge par son réseau  (c’est moi qui souligne). Ce qu’y faut pas faire pour fidéliser la clientèle, hein …
Et les autres ?
Qu’elles crèvent elles continueront à casquer à poil pour vos expertises, gracieusement ordonnées par vos amis des tribunaux.

Et puis tenez, puisqu’on en cause, comme ça, entre nous, jusqu’où exactement avez-vous tenu le porte-plume de la Direction des Affaires Civiles et du Sceau (DACS) lorsqu’a été rédigée à l’arrache, 15 jours après le vote européen de la résolution 1728 (29 Avril 2010), la circulaire CIV/07/10, (14 Mai 2010), petit bijou pervers de double langage qui, dans un grossier simulacre de libéralité nouvelle à l’égard des non’op’ « invente » la notion vicieuse et juridiquement idiote d’irréversibilité, (absente jusqu’alors dans les textes), et reconnaît EXPLICITEMENT aux juges le pouvoir discrétionnaire de conditionner le changement l’état-civil à une preuve d’ablation des organes génitaux ?

C’est écrit, en toutes lettres, en totale négation des Droits Humains, et puisque vous régnez sans partage sur l’expertise, au point de prétendre aujourd’hui créer des diplômes, chez qui donc la DACS a-t-elle bien pu prendre conseil pour rédiger cette circulaire, édulcorante en surface, et dégoûtante sur le fond ? …

*

Hors Société Savante, il existe nombre de psys qui savent de longue date et par expérience qu’il suffit de quelques entretiens denses répartis sur un ou deux mois (beaucoup moins, voire un seul pour les cas évidents, dans un sens ou dans l’autre) pour savoir avec un degré sérieux de fiabilité qu’une personne n’est pas délirante, sait ce qu’elle raconte, et peut donc entreprendre sa transition, ou bien l’aider si nécessaire à approfondir sa réflexion vers une auto-définition solide, de ce que l’on est et de ce qu’on souhaite faire ; il ne faut effectivement pas patauger dans le doute quand on s’embarque dans ce voyage. Simple contrôle probablement nécessaire (pour les cas vraiment tangents) mais à coup sûr amplement suffisant (pour tous les autres).

Même si on persiste à vouloir maintenir ce filtre pour protéger légalement les endocrinos et les chirurgiens, essentiellement, (à défaut de reconnaissance légale d’un consentement (vraiment) éclairé comme suffisant, mais qui disqualifierait en bloc TOUS vos psys, on peut compter sur vous pour vous opposer becs et ongles à un tel camouflet), seuls des charlatans peuvent encore exiger deux ans – ou plus, ad-libitum – avec interdiction de soins et coming-out obligatoire pour faire cette vérification. Et il est de surcroît inutile et iatrogène d’interdire les hormones, tout ce temps – quand vous n’imposez pas directement aux gens d’arrêter une hormonothérapie déjà commencée chez des endocrinos hors protocoles dont vous insinuez systématiquement l’incompétence, sans vergogne aucune .

A ce propos, cette calomnie récurente est particulièrement déplacée : il faut des compétences qui vous échappent par principe pour suivre au long cours les personnes qui ne veulent pas de chirurgie, mais conserver une sexualité active (vous savez, les « chimères », c’est votre propre mot, Mireille …) : vous n’en rencontrez jamais dans le réseau SOFECT puisqu’ elles savent que vous ne leur reconnaissez pas le droit aux soins, tout en vous tenant à disposition des tribunaux pour leur casser la baraque lors de leurs tentatives de changement d’état-civil, bien sûr. Je veux pas balancer, hein, mais c’est Bruno Mazenod un vieil expert-endocrino du protocole lyonnais qui me l’a confirmé, sans ambiguité …

(Je rappelle que les Standards de Soins que vous prétendez prendre comme référence, considèrent la chirurgie sexuelle comme NON IMPÉRATIVE , c’est aux patients d’en évaluer la nécessité ou non, et les dits standards estiment que l’éligibilité à cette chirurgie nécessite un an de suivi, un an d’hormones, et un an d’adaptation à la nouvelle vie sociale, (le tout pouvant parfaitement être SIMULTANÉ).

Il y est dit aussi que la psychothérapie est fortement conseillée, mais non impérative … hé hé, on est loin des petites coutumes made in France, hein …

Par ailleurs, vous n’avez rien à faire dans les prétoires : toutes vos expertises sont des injures, TOUTES

parce que vous continuez à vous prêter complaisament aux exigences des tribunaux, là où la morale la plus élémentaire (et l’évolution, qui sait… ) commanderait que vous REFUSIEZ TOUTE COLLABORATION avec les petits bricolages sordides de ce système d’exception obstinément discriminatoire (et vous pourriez le faire, vu l’autorité que vous revendiquez partout jusqu’à la DACS). Mais il est bien plus commode d’en profiter en l’entretenant dans son immobilisme : ça fait partie de votre socle, un morceau de votre « légitimité », largement fictive, se trouvant fermement arrimé à la DACS, l’autre à la CNAM.

La SOFECT, première vitrine légale de la transphobie d’État (ex-æquo avec la Cour de Cassation et nombre de TGI serviles dans son sillage) n’a jamais levé le petit doigt pour aider les non’op ni dans leur transition, ni dans leur changement d’état-civil, elle se permet de fournir aux tribunaux des « experts » parfaitement fondés en droit à dire en une heure d’une personne même opérée qu’elle n’est pas vraiment trans’, ceux-là même qui mettent deux ans à daigner nous trouver incurables, après avoir postulé notre psychose avant même que nous ayons poussé la porte de leur cabinet.

Psychose … ou équivalent : cessez donc de tourner autour du pot, vous cultivez un langage politiquement correct en public en évitant ce genre de vocabulaire, mais vous n’avez pas l’ombre d’une idée alternative, et pour cause : les seules pertinentes, pragmatiques, concrètes et vraiment éthiques feraient instantanément partir votre autorité de papier en fumée, et votre niche avec.

L’avenir pour vous serait d’obtenir je ne sais quelle preuve « scientifique » physique, neurologique ou génétique de la réalité cérébrale du « transsexualisme » en comparant les cerveaux masculins et féminins, afin de déposséder totalement les trans’ de leur auto-diagnostic. Vous en êtes encore là.

Roselyne Bachelot a officiellement affirmé la « dépsychiatrisation du transsexualisme » en France, (c’était en Février 2010, même qu’on a fait le foin qu’il fallait pour chanter partout que la France était le premier pays au monde à le faire, et blabla…) et en 2015, le fait brut, c’est qu’entre vos mains, nous ne décidons pas, nous mendions. Il vous revient de condescendre, c’est tout.
On ne peut pas outrepasser votre veto, si veto il y a, et dans ce cas va-t-en crever ailleurs (ou paye).
Il nous reste le droit de remercier quand les bons docteurs ont enfin donné leur accord. L’hormono-chirurgie est consentie d’abord par des psychiatres qui sont de fait des juges, les seuls juges. Leur pouvoir de dire non est absolu et pratiquement sans appel. Les « preuves de transsexualisme » motivant leur décision ne sont dans leur pratique que la somme de LEUR « intime conviction », (comme aux Assises), et pas celle des demandeur-es.
La preuve réelle, indéniable, celle qui consiste à transitionner et s’en trouver d’emblée beaucoup mieux, seule définition de la transidentité susceptible de concerner la médecine, est systématiquement battue en brèche par un postulat implicite et péremptoire d’ irresponsabilité jamais remis en question jusqu’au changement même d’état-civil qui procède de la même logique en remplaçant la parole eclairée des personnes trans’, sans valeur légale, par l’autorité supérieure de l’expertise, psychiatrique ou autre, qui fait office de preuve.

La dite expertise est et ne sera JAMAIS rien d’autre qu’un certificat de complaisance, soit pour nous (et notre fric) lorsqu’elle avalise notre affirmation, soit sinon pour le puritanisme suspicieux et transphobe (et notre fric) qui reste la règle chez vous comme au sommet de l’Etat.

Bien sûr, le portrait ci-dessus a (un peu) évolué dans le bon sens et par la force (d’inertie) historique des choses, les expertises se sont raréfiées dans les TGI, d’une part, (quoiqu’elles semblent revenir en force ces derniers temps à cause d’arrêts (délibérement ?) ambigus de la Cour de Cass’, en particulier en 2012, créant l’amalgame entre le cas d’espèce et le cas général, mais passons …) et d’autre part, certaines unités de soins sont devenues moins tâtillonnes qu’il y a ne serait-ce que 5 ou 10 ans, c’est vrai.

On trouve même, ô Sainte Évolution, sur votre site la déclaration triomphale, datée de Décembre 2014, que vous COMMENCEZ à vous occuper des mineurs (tous ? ou bien seulement ceux qui rêvent de chirurgie ?) Ouiiii, déjà ! C’est-y pas Dieu possible un tel avant-gardisme chez des gens affirmant depuis 40 ans que le « transsexualisme vrai » est une maladie incurable se développant dans l’enfance, parce qu’alors … qu’ avez-vous fait AVANT ?

Nada. Omerta et non-assistance totale ou pire : thérapies de conversions, fleuron de la maltraitance médicale, s’il en est (et il en est, plein, Cf ce peu joli portrait chez Martin Winckler, c’est un fait avéré que là, vous n’avez pas le monopole … ).

Sur des mômes.

Toujours pas honte ?

*

Comme c’est pas tous les jours qu’on rigole, parole, parole, voici (malgré ma promesse, je le f’rai plus) un lien vers le site de la Société qui Sait nous faisant fait part de sa lutte (acharnée) contre les idées reçues, combat titanesque ramassé en 15 lignes sur une page dédiée (que j’ai enregistrée avec soin, c’est collector, sinon après tu diras que j’invente). Je cite :

« On lit que seules les opérations faites à l’étranger (Belgique, Thaïlande, etc.) donnent de bons résultats : FAUX »

En effet, il y a Lyon, aussi. (Compter un an de contrôle psy et ajouter deux ans d’attente après décision protocolaire ; 3 à 6 mois en Thaïlande, avec deux certificats psys exigés par la loi du pays et qu’on peut obtenir chacun en une heure. Faut juste avoir 12 à 15000 € dans la poche, bagatelle, c’est du « tourisme médical », hein, Mireille … celles qui ont tapiné pour ça plutôt que subir vos « protocoles » ou après en avoir été virées apprécieront …)

« Les interventions chirurgicales sont délicates, ne sont pas anodines, aussi simples qu’un tatouage ou un piercing comme on l’a écrit dans des ouvrages développant le mouvement transgenre. »

Ce « on » qui répand des rumeurs débiles, quel salaud, hein, Colette …

(« Changer de sexe » C. Chiland, page 10 : allez donc voir dans ce chédeuvre comment une citation de Pat Califia, tirée de son contexte et bien bidouillée peut se recycler pour dire une vacherie transphobe sur la page des « idées reçues » de transsexualisme-info)

Ou encore :

« On lit sur Internet qu’en France on n’opère pas les personnes transsexuelles VIH positives : FAUX »

Ô « spécialistes », lisez donc la date sur les pages que vous visitez : en dehors des étourdis qui copient/collent imprudemment, ça fait bien 10 ans qu’on a arrêté de le dire….) C’est une chirurgienne trans’ américaine, Sheila Kirk qui a mis au point le protocole adéquat. Mais tout le monde n’a pas été enchanté de son adaptation en France : sur cette page, datée de fin 2004 du site de Tom Reucher, on peut lire : « Une personne séropositive opérée en octobre 2002 par le Pr MARTIN [Bordeaux, NdR] n’a pas de clitoris. Parce qu’elle est séropositive, il n’a pas jugé utile de lui en faire un« … . Donc effectivement on opère les séropos en France, pas de soucis, on sait.

Bon, bref, c’est pour faire ce genre de site honteux, savants, que vous avez osé réclamer des sous aux pouvoirs publics ?

Mais je pinaille, là, c’est des vieilles lunes, tout ça, oublions le passé, les chirurgies ratées, les refus de soins pour homosexualité dans le genre d’arrivée, (surtout éviter l’accusation de fabriquer des gouines ou des pédés, j’ai bon, là ?), pour passing pas assez crédible, pour parentalité, pour limites d’âge arbitraires, l’obligation de vouloir de la chirurgie sexuelle (le bouclier anti-chimères….), les expertises vécues comme des viols, etc etc, tout peut s’oublier, embrassons-nous, Folleville, allez de l’avant, camarades, continuez donc votre lutte (acharnée) contre les idées reçues,

la pire des idées reçues étant qu’on vous prenne effectivement pour des experts

mais elle commence à avoir sérieusement du plomb dans l’aile, on s’y emploie, avec soin, ça fera son chemin et vous ne l’aurez pas volé.

***

Quant à nous …

Il y a un peuple trans’, et il est en France encore aujourd’hui, en situation objective de persécution, surtout médico-judiciaire, car, fort heureusement la population générale a évolué, et un nombre croissant de personnes trans’ en France peuvent faire état d’une intégration assez harmonieuse dans leur écosystème. Je suis bien certaine que ce ne serait pas le cas, si le quidam de base avait lu du Colette Chiland (ou vos autres amis savants) avant de découvrir nos bobines chez Mireille Dumas, feu Jean-Luc Delarue, Serge Moati, Sophie Davant, Olivier Delacroix, Clara Vuillermoz …

Pour relativement (voire carrément) démagogiques, larmoyantes, ou (très) approximatives que soient bien des productions médiatiques nous concernant, (Karine , je t’embrasse, je n’ai pas lu ta thèse, seulement ton mémoire de 2007 mais je suis contente pour toi) elles ont eu au cours des dernières années, un effet favorisant l’empathie et la compréhension, ou, à tout le moins, un véritable accroissement de l’acceptation à notre égard, (qui reste tout relatif d’ailleurs, l’euphorie, ce sera pour une autre fois … ) certainement lié aussi à la restauration collective de notre estime de nous-mêmes (prides, Existrans’, associations, sites et forums Internet, prises de conscience communes, Quartiers de Phlune, etc …) même s’il nous faut encore un effort pour être révolutionnaires, dans notre beau pays …

C’est cette conscience-là qui rend tonitruant le silence pusillanime du législateur français (**) qui a laissé la bride sur le cou depuis si longtemps à une poignée de psychanalysoïaques, (dont certains échoués aujourd’hui dans la Société qu’on sait), et à la jurisprudence des gardiens sourcilleux de l’ordre moral …

(**) Exception faite, méritoire et sans lendemain, hélas, de la tentative en 1982 du défunt sénateur Henri Caillavet, le seul à avoir proposé quelque chose d’ humain pour la population trans’.
Sa proposition n’a même pas été mise à l’ordre du jour, à l’époque.
(1981 … !!! La gauche au pouvoir, YOUPIII … nan, je rigole)

Nous, nous pleurons nos Leelah Alcorn, tout en continuant avec les homos à nous farcir les cochonneries des Boutin et consorts, promptes à prier … pour les parents, bien-sûr, vraies victimes du djèn’deur qui a encore frappé.

Des braves gens, comme vous, en somme.

***

Si par extraordinaire les yeux de quelque membre de la SOFECT (nan, rien, de toutes façons, t’écoutes pas) tombaient sur ce brulôt misérable (il l’est : je n’aime pas la jubilation amère qui me fait ecrire ce genre de choses) et s’en trouvait offusqué, qu’il sache bien qu’au bas mot, c’est 100 pages de ce tonneau qu’il m’aurait fallu pour rendre en vérités le millième des insultes que représentent pour nous les sales doctrines coloniales qui vous animent, vous et vos amis, toujours en rayon dans les librairies (Castel, Frignet, …) et leur faire ainsi un début de justice.

***

Quant à toi, lecteur-e épuisé-e, pas assez peut-être, si tu veux en savoir un peu plus sur la Société-qui-sait-des-trucs, tu peux lire sur le site de l’ODT :

Sofect, du protectionnisme à l’offensive institutionnelle

ou bien t’adonner à la lecture édifiante des bonnes intentions 100% bio-ethiques de nos savants, affichées par eux-même après ce rapport fameux de la HAS, tu vas te régaler, j’ai juste mis quelques sous-titres en français des Quartiers, wesh, pour décorer la page : Sofect est Amour, (prochainement dans les bacs, mais il faut attendre, mon opé à Lyon s’est bien passée, mais les soins me bouffent tout mon temps ;-) ) mais sache que tu n’apprendras JAMAIS RIEN par la SOFECT de l’histoire médicale des trans’ en France, rien : l’aggiornemento irait tout droit au seppuku …

En attendant ce jour béni, une page de publicité, tu peux te procurer facilement ce bouquin, tu n’en reviendras pas bredouille :

Sophie SIMON – Un sujet de conversation (Stock – 2004) :

… mais probablement pas indemne non plus, tout le monde en prend pour son grade, sans anesthésie, et, quoi que magnifiquement écrit, ça parle pas tellement d’amour, comme livre, alors protège-toi d’abord, c’est mieux.

** *** **

J.S. Bach, sorte de Baruch Spinoza de la musique – Cantate BWV 35