Télépathie des embruns

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 (à Camille)

Le temps passe
Il passe, je ne le crains pas
Je crains seulement que tu sois loin si loin que les ondes trouvent leur rivage avant ton île
Je reçois cependant des bribes, il me semble que la distance est une présence en soi
dont l’incantation incandesce, que tes murs ont vocation à l’effritement, que je te vois tourner, en quête de la faille
Es-tu enfermée dans ton travail, ton chagrin,
dans la dure chrysalide qui fait les lendemains aléatoires
et frappe la cloche du temps comme un gong ?

Urgence de lenteur
Tu es loin c’est ton absence qui murmure dans le silence du village
Les plaies, ça et là tentent de se consoler,
la mer résoud sur la plage les dessins enfantins, qui ne vieilliront pas
Le ressac m’apportera un chant de sirène, une bouteille, un clin d’oeil dans quelque enveloppe virtuelle
La longue patience des nuits, des hivers est à nos portes, nos fenêtres, dans tous nos pores, tout notre être …

***

Quand saurons-nous parler ?