Yagg rame, patchons sa phynance !

Toute la presse libre (et non faussée) tire la langue depuis un bon moment déjà, aujourd’hui je relaie juste l’appel de Yagg, -lancé en Juin- qui a besoin de sous.

Comme moi, quoi. C’est ce que je lui ai dit, mais on m’a fait remarquer que 2,90€ par mois, c’était jouable, même pauvre. Je l’ai bouclée, sur ce coup-là, ça faisait petipetipetit de pleurnicher sur une telle somme, et je n’étais pas à la rue au point d’insister, enfin bref, j’ai contribué, et je t’invite à le faire itou.

Yagg est un site mainstream pour nous autres TLBG (oui, dans cet ordre, je t’ai déjà expliqué, c’est un caprice), mainstream, ça veut dire non marginal, pas forcément révolutionnaire, mais potentiellement fédérateur, bourré d’infos (donc entres autres celles-qu’il-nous-faut-vraiment-mais-qu’on-trouve-rarement-ailleurs) et même si je ne sentais pas auparavant qu’il m’aidait à me tenir au chaud, ben  l’idée qu’il puisse disparaitre me refroidit. Donc non.

Voilà l’affaire, en gros. La page d’abonnements de Yagg te dira comment il faut faire.

:-)

 

 

 

Comment naissent les papillons ?

(à Camille)

Prologue

« Si l’on me donnait un vaste territoire chauve
Je planterais au long du jour des arbres
A la fin de ma vie je serais le père d’une forêt » (Julos Beaucarne)

Il est des métamorphoses qui passent par d’affreux crash-tests avec le rien.
Tant de papillons qui naissent cabossés, le savais-tu ?

Et comment diable tiennent-elles, toutes ces graines minuscules attendant parfois 10 ans la pluie dans les déserts du Mexique, pour une apothéose de quelques jours de millions de fleurs quand elle arrive enfin …

Le même Julos disait aussi  » Il y a des réveille-matin qui sonnent comme des clairons
Il y en a peu qui chantent des berceuses »

Mais bon, essayons …

 

LE POINT DU JOUR

Trois perles neuves d’un peu de pluie
Dans le clair du levant
J’y suis seule et regarde
Je n’ai rien dans les mains
Pas l’ombre d’autre chose
Qu’un frisson du matin
Là-bas tu caracolles
Divinité possible
Maîtresse des boussoles
Vois-tu mon ombre ?

Trois mots d’amour un peu de sable
Jetés là au hasard
Et c’est tout un jardin
Qui naît dans nos regards
Le Sahara des hommes
Cache des sources graves
Alors indécidée
Tu refermes ton rêve
Mais le coeur a tout vu
Perceur de coffres-faibles

Parfois l’enfance a la mémoire
Triste et radioactive
Qui rampe dans le noir
Et, faussant le printemps
Gangrène le présent
Du poison des archives
Tu pars ou tu t’éloignes
Renonçant, protégeant
Et appelant destin
L’âpreté de tes chaînes

En attendant je me fais sage
Devant l’aurore nue
Descendant des montagnes
Versant dans mon piano
Des brins de ta lumière
Comme un message antique
Mais l’amour anarchiste
Est un grand pyromane
La nuit devient musique
C’est le fou qui fait dame

Je crois encore aux ombre lentes
Des amitiés anciennes
Qui offrent aux automnes
Des promesses de graines
Tant que durent les vagues
Je guette le rivage
Et puis le soir venant
Doucement je murmure
Pour que tu refleurisses
Et quittes ton armure

 

© Sacem – 2002

Montagne et la poésie (fable marronnière)

C‘est l’histoire de deux amies qui s’aimaient si fort qu’elles se jurèrent chacune d’assister à l’enterrement de l’autre, au cas bien sûr où il arriverait qu’elles mourussent quelque peu.

Après une longue idylle d’un bonheur sans nuage il arriva que l’une d’elle un jour connut cet avatar fâcheux.

Naturellement, sa Boétie fut ponctuelle aux cérémonies tant qu’au cimetière, but son saoul de chagrin nécessaire et puis repris sa vie en solitaire, forte de leur gloire passée d’accord autant que de la douce mémoire du serment échangé.

Du temps passa.

Vint enfin le soir où cette seconde amie mourut à son tour (sur le long terme au moins, ces choses sont prévisibles).

Comme promis, la Montagne était là, à l’enterrement, et ainsi le serment jamais ne fut descellé.

Connaîs-tu plus touchant miracle de l’amour et de la fidélité qui soit ainsi capable de transcender tout vif les gouffres de la mort,
ô lecteur gris qui viens de te ruiner pour enfleurer ce jour un de ces champs de granit où dorment les trahisons ?

De la mort à la vie en un seul billet

Dans ma boîte à recevoir les messages du monde entier, je reçois de dôles de trucs, surtout lorsqu’ils se mettent en regard sans me demander mon avis.

Première nouvelle reçue ce matin : l’activiste trans’ Diana Sacayán, -à l’origine de la loi argentine sur l’identité de genre qui nous fait massivement baver d’envie depuis qu’elle a été promulguée
(je cite Wikipédia : « En mai 2012, le Sénat argentin adopte une loi historique sur l’identité de genre, permettant à tous les argentins, majeurs ou mineur (avec le consentement de leur représentant légal), de modifier le genre figurant sur leurs papiers d’identité sans avoir recours à des traitements hormonaux ou une chirurgie de réattribution sexuelle. Le 2 juillet 2012, la présidente de l’Argentine Cristina Fernández de Kirchner a remis les premiers documents d’identité délivrés en vertu de cette Loi lors d’une cérémonie officielle au palais présidentiel. »
Depuis le , le changement de sexe est gratuit en Argentine »

Fin de citation, Christiane, nous t’aimons bien, hein, mais ….)

… bref, Diana Sacayán vient de mourir assassinée d’un coup de poignard. Si tu lis l’espagnol, tu auras la nouvelle bien froide ici : http://23.infonews.com/nota/255594
ou là :
http://www.lanacion.com.ar/1836132-hallan-muerta-en-su-casa-a-la-activista-trans-diana-sacayan

Sans transition, (ben ouais, c’est ça l’actu, coco), donc … euh … une autre niouze débarque dans mon champ de vision (info suffisamment importante pour que Yagg la trouve payante, mais c’est une autre histoire) : elle me vient des infos de France-Culture doublée d’un article  du site 20minutes.fr :
http://www.20minutes.fr/societe/1707979-20151014-personne-intersexuee-preuve-indubitable-peut-vivre-deux-sexes

Ou sur le monde.fr, là :
http://www.lemonde.fr/societe/article/2015/10/14/le-sexe-neutre-reconnu-pour-la-premiere-fois-en-france_4789226_3224.html

ou là http://www.lemonde.fr/societe/article/2015/10/15/sexe-neutre-un-nouveau-genre_4789658_3224.html

où l’on apprend que le TGI de Tours vient (en Août dernier) d’accorder le droit à la mention « sexe neutre » sur l’état-civil d’un-e intersexe hexagénaire.

Mais rien n’est perdu, civilisation,  car  :

« Le parquet a fait appel de la décision, estimant qu’il s’agirait là de la reconnaissance inédite en France d’un « troisième genre » qui n’est pas prévue par les textes »

Ah ben si c’est pas prévu par les textes, crève-donc, chose !

Je case ici des liens que j’aime bien, de la TV suisse :

http://www.rts.ch/emissions/temps-present/1261612-entre-deux-sexes.html

http://www.rts.ch/play/tv/36-9/video/un-corps-deux-sexes?id=4433097,

Et, du même pays, tu peux lire ici, concernant les inters, quelques citations de propos bien débiles analogues à ceux qui nous pendent au nez de ce côté-ci du monde au sujet de la loi trans’ prévue à la discussion en France, tout prochainement, paraît-il.

La civilisation, alarme, alarme,  est menacée de mort par les affreux intersexes, qui font manifestement flipper tout le monde, et il en sera de même pour les trans’, autres « terroristes du genre » (© Vincent Guillot, que j’embrasse au passage) …

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Oui mais … A propos du projet PS sur l’état-civil trans’

Il n’y a que les sots qui ne changent pas d’avis, même si ça ne donne pas l’intelligence aux girouettes.

Hmm.

Ici même j’ai tenu des positions dures à l’égard de la proposition de loi du PS concernant nos changements d’état-civil, publiée l’an passé, tout fraîchement mise à l’ordre du jour de l’Assemblée, et dont j’ai dit pis que pendre pour des raisons que je persiste à croire valables et qui sont le fond affiché de l’hostilité que lui manifeste une association comme l’ANT par exemple.

Sauf que.

Sauf que je n’aime pas l’idéalisme, le jusqu’auboutisme, la surenchère, particulièrement si j’en viens à douter de la pertinence d’un discours quant à la stratégie pouvant mener concrètement à nous simplifier la vie.

Je vais donc désespérer les milliers de disciples agglutiné-es en masse autour de ce blog prolifique et glorieux.

C’est un long post de Chloé Avrillon sur Yagg qui m’a incitée à revoir ma copie.

La discussion est ici, faisant suite à la publication par Yagg de la position de l’ANT, dont je commence à trouver que ses invectives ont de moins en moins à voir avec de réelles intentions de faire changer les choses, ou en tout cas d’en débattre autrement qu’en assenant ses certitudes.

On peut suivre ma reflexion sur ces trois billets étalés sur 1 an et demi.

Dans  Miniiiiiii-streu ! , (Avril 2014) j’ai  commencé par m’adresser au ministère en argumentant à l’époque sur la nécessité de respecter a minima le cahier des charges de la Commission Nationale Consultative des Droits de l’Homme, qui prévoyait une déjudiciarisation partielle de la procédure

Puis j’ai commis Au Nom Du Peuple Français (et mon cul ?) (Juillet 2014), et là je me suis sentie proche de la position de l’ANT, en tous cas dans le principe, le même qui m’a fait tenter de survoler un peu plus tard le droit international ici : Transidentité et Droits de l’Homme : 7 Articles à la mer …   (Décembre 2014) billet qui demeure pertinent, à mon sens.

Mais voilà : Super Chloé a oublié d’être bête, (chuis toujours preneuse de recettes, sur ce-coup là :  j’ai ma fierté, j’ai mes lacunes, ensemble) et son argumentaire me plaît, précisémment parce qu’il est pragmatique, parce que l’intérêt réel qui est le nôtre est prioritaire sur les lyriques envolées avec lesquelles on se promet la révolution merveilleuse pour le jour où on rasera épilera gratis, et que finalement, je pense qu’il est juste : cette proposition de loi n’est certes pas gratifiante pour nos héroïsmes législateurs ou révolutionnaires, (je veux dire : elle est bancale, parce que limitée par un Code Civil vieux et raide comme la Justice, et pas d’accès possible dans un temps observable à une refonte sérieuse de celui-ci, voilà) mais il me semble à présent que quoique imparfaite, elle assurera quand même aux transgenres une situation bien meilleure que le honteux foutoir jurisprudentiel actuel, et c’est ça le but.

Revoici le lien de l’article de Yagg

Et merci à toi, Chloé …

————–

/!\ MàJ : … ainsi qu’ à toi, Transcontinentales, une autre débroussailleuse de Phlune devant l’Interouèbe  ;-)

—————

Préparons nos oreilles, on risque d’entendre de drôles de chansons à l’Assemblée et dans une certaine presse, ces prochains jours …

:-)

***

/!\ Autre MàJ : (5 Oct) la Proposition de Loi est désormais lisible ici :

http://www.assemblee-nationale.fr/14/propositions/pion3084.asp

Passage entre ombres

 Furetant sur Wikipedia, je découvre Marina Tsvetaïeva , et je lis :

« Éparpillés dans des librairies, gris de poussière,
Ni lus, ni cherchés, ni ouverts, ni vendus,
Mes poèmes seront dégustés comme les vins les plus rares
Quand ils seront vieux. »

(Marina Tsvetaïeva, 1913)

Plagiat par anticipation !

J’ai ça dans les incunables de ma librairie de Quartiers :

« Après mon départ
Mon livre fermentera dans ta tête
et le poême deviendra
un nectar exquis »

Ecrit 70 ans plus tard, comme s’il fallait rafraîchir une idée qui aurait trop dormi …

EXISTRANS 2015 : NOTE LA DATE ! :-)

C’est reparti pour un tour…

youpi

hélas …

std-2015-1024x1024

Et on va redéfiler, se tenir chaud, (youpi) et gueuler à vide (?) pour trois lignes de l’AFP le lendemain , parce qu’en matière d’avancées des droits civiques trans’ et intersexes depuis l’élection du prez normal, il ne s’est rigoureusement RIEN passé à l’échelle gouvernementale : deux projets de loi vides ou presque, la continuation du despotisme du lobby psy de la SOFECT avec la bénédiction de la Santé et de la Justice, etc (hélas)

C’est pas que la société européenne n’évolue pas au contraire,   mais bon, faut s’y faire, en France on a l’exception culturelle, scrongneugneu.

A la niche.

Pas bouger.

Bref, vous êtes invité-es, trans’, ami-es, allié-es, de tous sexes, genres, races, âges, orientations, confessions, professions … (venez, psychiatres,  ce stage est gratuit, il ne vous sera donc fait aucun mal) et ensemble on va encore tâcher de fêler un peu l’édificice borné et sclérosé qui nous tient en laisse …

Marche !

SOFECT : comment claquer le fric du contribuable pour rien ?

D‘après une récente étude menée en nos ateliers des Quartiers sous la houlette de fer de la taulière, le taux de prostitution chez les trans’ reste stable, soit environ 18,6 fois plus faible que le taux de salopards chez les psychanalystes.

Mais la pandémie ne semble pas s’être arrêtée avec la dépénalisation de la psychanalyse : l’ abrogation de l’article R.34-7°, qui punissait les gens qui font métier de deviner ou pronostiquer, ou d’expliquer les songes date de Mars 1994 ; contravention de 3ème classe, c’était moins cher qu’être trans’ et devoir tricarder à vie avec des papiers imbéciles, notons, et tout n’est pas uniformément ignoble dans le code Napoléon, nous garderons le meilleur, donc.

Nous pouvons dès lors continuer de craindre la recrudescence fumière des spécialistes qui savent : après deux échecs parfaits pour créer un Diplôme Inter Universitaire en transsexualisme (les deux premières années, 2014 et 2015, le quota d’inscrits à cette « formation » – 20 places pour toute la France – n’ayant pas été atteint), la SOFECT remet le couvert, sans doute parce qu’elle ne sait pas quoi faire de l’argent public qui n’est pas économisé dans sa dissolution pure et simple.

Le sujet est VRAIMENT lourd, hein, Christiane … Tu dors ?

Trois façons d’aimer les oiseaux

Les jumelles
la cage
et la casserole.

***

Le juge : « -Et pourquoi avez-vous découpé votre maîtresse en rondelles ?

-Je l’aimais Mr le Président, mais elle refusait d’être MA femme, vous comprenez ? »

« Quelle grande passion passionnelle, se dit le juge, on pourrait en faire un film passionnant, une magnifique histoire d’amour.

***

L’hiver,
la bouffe est rare,
les oiseaux ont froid.

On leur file des graines
en hauteur
à cause du chat.